Livre Blanc

INTRODUCTION

En janvier 2016, Seed-Up a introduit le concept d’Hacker House en France. Une Hacker House, c’est avant tout un lieu où cohabitent et travaillent développeurs, ingénieurs et designers. Tous ont une passion commune pour les nouvelles technologies et l’innovation

Seed-up a fait évoluer ce concept afin de créer un véritable modèle de travail et attirer les acteurs de la scène tech Française. Dans ses maisons, naissent aussi bien des startups tech’, comme Moore- un téléphone à capacité de stockage illimité- présenté au CES de Las Vegas 2017, que des projets commandés par des grands comptes comme Total, le CNRS, Hermès ou encore Thales qui trouvent dans ce laboratoire d’innovation une créativité, une agilité et une expertise unique.

1 - Notre constat : Un problème générationnel

“L’inadéquation profonde des générations Y et Z avec le monde du travail est de plus en plus visible et inquiète les grands groupes comme les politiques. C’est une génération entière qui ne semble pas trouver sa place dans des entreprises qui paraissent en panne d’inventivité que ce soit dans ce qu’elles proposent à ces jeunes ou dans les produits qu’elles distribuent. Les critiques courantes ? Le manque d’initiative laissé aux jeunes, la valorisation de l’expérience au détriment de l’expertise, le manque d’incitation à l’initiative, les process, la hiérarchie étouffante…

Et pourtant c’est bien cette la machinerie organisationnelle actuelle qui a fait la prospérité de l’ère précédente. Depuis la Révolution industrielle, pour faire face aux besoins de la complexification du travail et aux impératifs de production, les entreprises ont mis en place une organisation du travail Tayloro-Fordiste organisée par une «hiérarchie bureaucratique» Dostoïevskienne. Et il faut avouer que l’optimisation créée fut formidable pour produire des machines et autres biens manufacturés. Il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point l’organisation du travail est proche de l’outil de l’époque : la machine. Des travailleurs en série, remplaçables facilement, assemblés sur une ligne de production optimisée dans l’espace et les fonctions…

Oui mais, depuis, cette grosse machine à produire a inventé le téléphone, la télévision, internet, les robots… Elle a offert à notre génération des outils exceptionnels, une liberté nouvelle, une information totale et des savoir-faire accessibles en quelques clics. Et que dire de notre relation à l’espace quand passer d’un pays à l’autre est devenu si facile, quand notre relation au monde tient dans un smartphone, quand une partie du travail peut être réalisé à partir d’un simple ordinateur à l’autre bout du monde? Et sur nos aspirations professionnelles alors? A l’ingénieur paternaliste, rationnel et instruit a succédé le mythe du jeune génie insolent et créatif qui révolutionne le monde depuis son garage à 20 ans. Tout cela a changé notre rapport au monde tout autant que nos volontés et surement le fonctionnement de nos cerveaux.

Et ce sont ces natifs d’une autre ère qui découvrent un monde de l’entreprise qui a réformé le monde entier mais qui ne s’est pas réformé lui-même.

Et notre génération qui baigne dans ce monde si ouvert, si vaste et si libre entre soudainement en entreprise et découvre un moment -le travail- ou chacun est infantilisé et ancré à une place définie comme un élément immuable de cette grosse machine.

Aujourd’hui cette génération ne peut juste pas comprendre et encore moins s’adapter au moule qu’on lui propose en entreprise. Alors bien sûr que cela n’est pas général, mais combien de talents se retrouvent démoralisés par des tâches rébarbatives sans pouvoir exprimer leur potentiel? Combien de talents désertent les bureaux des entreprises traditionnelles à l’assaut de startups qui jouent trop souvent sur des stéréotypes grossiers -entre babyfoot et post-it- avec une incertitude incroyable sur leur devenir?” Extrait d’un article rédigé par Paul POUPET

2 - Seed-Up : réponse à ce constat

C’est sur ce constat que Paul Poupet et Benjamin Poilvé ont créé Seed-Up en 2016. Persuadés qu’il fallait regrouper ces talents et leur offrir un modèle adapté à leurs volontés où ils pourraient exprimer leur savoir-faire et leur implication. Ils ont donc créé un espace propice à l’innovation, où tous les éléments sont réunis pour laisser libre cours à la créativité, l’expertise et l’initiative. Ce lieu, c’est une maison dans laquelle ils ont proposés à dix développeurs et ingénieurs de vivre et travailler. Un véritable laboratoire d’innovation technologique, ou une petite communauté de passionnés réinventent et repoussent les limites de la technologie.

Ce lieu, ils l’ont appelé Hacker House

C’est ainsi que Seed-Up a ouvert la première Hacker House de France en janvier 2016, à Fresnes.

LA HACKER HOUSE

1- Histoire du mot Hacker House

Le mot “Hacker House” existe déja, mais sous une forme différente . La première Hacker House se trouve à Seattle au cœur de North Capitol Hill. Ouverte en 2013 par Andy Rebele, un entrepreneur qui a eu l’idée de louer une maison exclusivement à des entrepreneurs et des passionnés de technologie. Le projet prend alors de l’ampleur et Andy Rebele ouvre des hacker houses dans d’autres villes notamment proches de l’université de Washington, à Palo Alto, San Francisco, San José ou encore Redwood City. Ces Hackers Houses sont de simples colivings, dans lesquels les entrepreneurs paient un loyer pour vivre entre eux -même si l’objectif est bien de les inciter à collaborer et s’entraider-.

2- Le modèle US des Hackers Houses

Cependant, nous pensons que le concept n’était pas reproductible tel quel dans le système français, dû au marché du travail et aux législations françaises.

En effet, aux Etats-Unis, le marché du travail freelance est très liquide, ce qui permet aux développeurs de trouver (ou retrouver) rapidement un travail bien rémunéré. Ils répondent à leurs missions freelances pendant un temps et le reste de leur temps libre, ils le consacrent à la création de projets. L’accès au capital-risque étant plus simple, et l’administratif moins lourd, les projets en sont facilités. Le modèle locatif des chambres de la Hacker House en est donc facilité, et encouragé aussi par la psychologie de toute une nation qui s’est créée par l’entrepreneuriat.

C’est pour cela que Seed-Up a adapté ce modèle “à la française”.

3- Le modèle Seed-Up

Seed-Up a créé une Hacker House sous la forme d’une entreprise (SAS). Les membres sont tous salariés, et ne paient pas leur logement. Pendant une partie de leur temps, ils répondent à des problématiques d’innovation de grands groupes qui financent l’intégralité des charges (salariales, loyer, gestion quotidienne, …). Le reste du temps est consacré à la création de projets internes, incubés par la suite dans la maison.

Ces maisons servent de tremplin pour des jeunes diplômés à qui elles offrent la stabilité du salariat et la possibilité de tenter l’aventure entrepreneuriale.

Elles fonctionnent par promotion, les membres sont salariés entre 1 à 2 ans, suite à quoi ils quittent la maison en ayant la possibilité de concrétiser un des projets incubé dans laquelle Seed-Up conserve aussi des parts ou alors de rejoindre une entreprise -et pourquoi pas un client de Seed-Up-.

A l’intersection entre des modèles défendus par l’école 42 -l’auto-formation, l’autonomie, la confiance en la jeunesse et le partage de compétences-, e-founders -pour les projets internes qui sont développés comme ils le sont dans un startup studio- et une entreprise comme Ideo -dans ses prestations d’innovation, même si la tech remplace ici le design thinking-.

Les missions internes couvrant l’intégralité des charges, chaque maison est rentable dès le premier trimestre de son exercice. La vraie valeur ajoutée des maisons est bien évidemment dans les parts détenues dans les projets incubés.

Les piliers de Seed-Up

  • Seed-Up prône un mélange entre salariat et entrepreneuriat
  • La hiérarchie horizontale. Les décisions sont prises de manières collectives, selon les expertises de chacun.
  • L’expertise plutôt que l’ancienneté. Ce sont les compétences, la valeur ajoutée et l’agilité intellectuelle qui sont valorisées.
  • L’apprentissage permanent et le partage de compétence.
  • L’esprit Hacker : tout doit être démonté, analysé, recomposé, réinventé. Tout est complexe et c’est la compréhension de la complexité qui permettra de réinventer la simplicité.

4 - Premiers résultats

Au cours de la première année, cette Hacker house à été rentable grâce à ses missions clients et deux projets ont été incubés, un est en cours de levée de fond.

Depuis, Seed-Up s’est associé au Groupe Première Heure et à déménagé dans un entrepôt, à Saint-Cloud, ancien local de Dassault.

De nombreux clients de différents secteurs ont fait appels à eux, tels que Total, Huaweï, Système U, Hermès, Kronenbourg, Thalès, Sanofi, … Des entreprises ont également été intéressées pour découvrir le fonctionnement de Seed-Up, et le regard de Paul sur ces changements d’organisation, comme Chanel, Etam, GSK, Elior, …

5- Stratégie de Seed-Up

Seed-Up a pour ambition de répliquer ce modèle en ouvrant de nouvelles Hacker Houses, composées chacunes de 10 personnes ayant des profils pluridisciplinaires. Les maisons seront par la suite spécialisées sur grands domaines d’innovation (luxe, publicité, objets connectés, mobilité, aéronautique…)

L’intérêt principal de la réplication du modèle est d’ouvrir des maisons adossées à des grands groupes. Afin que les maisons se spécialisent dans des secteurs et qu’elles bénéficient de commandes de mission régulières mais aussi d’un accès aux problématiques du partenaire en question afin de nourrir ses idées de projets internes.

A long terme le siège concentrera toute la partie stratégique, la partie commerciale, l’intégralité des services annexes -comptabilité, juridique…- ainsi que l’incubation.